L’employée inexistante ★ Performance ★ 40min ★ Lors de l’exposition #3 Liquidation de la Société Invisible (Collectif une Nuit Idéale) + Le Tube ★ Syndicat Potentiel, Strasbourg ★ oct. 2024

Prétextant une réunion brainstorming, l’employée inexistante apparaît à ses collègues (le public) pour leur livrer, au fil d’analogies de mots et d’images, son témoignage autour de l’idée d’utilité, du sentiment de vacuité, de son bullshit job, de la dissolution de son identité dans le travail, de son aliénation et des fantômes de la machine à café.
« Les années ont passé sans que je n’aille plus au bureau. Pourtant, je respirais un salaire régulièrement. Je m’en tirais indemnisée. Ça, personne ne l’a jamais remarqué. […] Un jour, un membre du personnel se perd et sonne chez moi, persuadé de m’y trouver. Mais il n’y avait plus personne non plus : disparue ! Des employées disparues, il y en a au moins dix par rue : vous savez, celle qu’il suffit de traverser pour trouver un métier. Quand on n’existe pas, on croit que ça n’arrive qu’à soi… »







Extraits du diaporama
« Voyez l’exploitation : on procède à la traite, la re-traite, la re-retraite jusqu’à la fin de leur vie sans demander leur avis. Oui c’est vache, mais tant pis. Les bovidés ont beau être vidés de leur énergie, ils sont tués à la tâche de leur pelage, attachés pour ne pas s’enfuir de leur boîte. C’est comme si leur âme était en ferme et dans une boîte à meuuuhhhh. »

« Le contraire, c’est ce qu’on traire aussi, les contrats vacataires : les vaches à traire [..] pour être relâchées plus vite en liberté dans un précarité : un pré verdoyant, mais pas un pré voyant : on y trouve aucun blé ou oseille à brouter, aucun bouleau à bouloter. Et puis, si c’est un pré à la banque, il faut bien le rembourser. Hein, meuuuuhsieur le directeur ? »

« D’ailleurs, le ou labeur que les employées produisent avec leur lait sont destinés à être mis dans les épinards des PDG. C’est ce qu’on appelle être Pro-Laitière. [..] La crème fouettée est exploitée. La crème brûlée aussi est maltraitée. La crème anglaise et la crème french ont en commun de n’avoir pas hésité à coloniser pour avoir de la main d’œuvre, de l’or, des œuvres dans leurs musées : des hors-d’œuvres à déguster. »



































J’aimerais bien transformer cette performance en vidéo un jour.

















